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QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF ? (2016)

Plan

QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF ? - Eduard Albee
Adaptation théatrale - Projet fictif (2016), La Cambre - Bruxelles.

La scénographie de cette pièce est ici une métaphore de la dépression du couple Martha et Georges.

Inspirée du tableau le Radeau de la méduse, ils sont à la dérive, ils ont échoué dans leur vie qu’ils abordent comme un jeu.

Les entrées en jeux des comédiens se font par l’obscurité du fond de la salle. Ils apparaissent progressivement dans la pénombre comme dans une bulle. Il en est de même pour la sortie finale des invités Nick et Honey. Isolé dans son monde, le vieux couple immerge ses jeunes invités dans le néant. Une situation pesante s’installe, divaguant entre le temps réel et les histoires passées, entre mensonges du jeu et vérités qui font mal.

L’ambiguïté qu’il y a entre leur vie réelle et le jeu est aussi transmise par le décors. Le réel s’implante grâce à des éléments de la maison reconnaissable tel que: le parquet grisonnant du radeau, le début structuré du sofa en cuir clouté. Cependant, ce dernier continue en torsade de manière organique. Il se prolifère et vient engloutir un autre sofa en face de lui, comme si cela faisait 20 ans qu’il n’avait pas changé de place. Il s’encroûte au sol, devenant impossible à bouger. Ce canapé est ainsi à l’image du vieux couple. La poussière est comme leurs problèmes qui s’accumulent, sans aucune perspective de renouveau.De plus, informe et géant, il réunit tout le monde dans le même sac. On peut s’y assoir, s’y allonger ou presque s’y perdre. Pour les invités, il est de plus en plus difficile d’y déambuler et d’en sortir, notamment sous l’effet de l’alcool. Coincés dans cette masse, ils sont forcés à assister au jeu agressif entre Georges et Martha.

Ce jeu lui est amené par divers autres éléments tels que le mobilier d’acier bancal où les étagères ne sont pas toutes au même niveau; des lanternes de chantier créent une ambiance sombre et irréel; de l’alcool vert néon; le garde fou ou encore la matière brillante du sol autour du radeau. Celle-ci apparaît comme un reflet de l’eau, ils flottent sur le radeau de leur maison. 

Les couleurs sombres du décors sont inspirées du film Delicatessen de Jean Pierre Jeunet, afin d’amener un univers assez pesant et malsain.

Ensemble, ces éléments tentent de transporter les spectateurs dans un univers cauchemardesque.

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